Entreprendre, une vraie psychanalyse active!

Entreprendre, une vraie psychanalyse active!

Après 2 ans d’activité, retour sur cette plongée, parfois sans oxygène!

Jamais je n’aurais pu imaginer ça. Jamais je n’aurais imaginé me retrouver confronté à tant de questions, personnelles et professionnelles. Un an avant un licenciement pour motifs économiques que je sentais inéluctable dans mon ancienne entreprise, j’ai en effet lancé Think&Step Media, agence de communication web. J’espérais alors rebondir presque naturellement, en continuant à faire ce que je savais faire de mieux après mes 8 ans d’expérience au Mans FC, club de football aujourd’hui disparu de la carte radar des structures professionnelles. Au Mans, j’ai appris à comprendre puis respecter des besoins, collaborer avec différents prestataires, développer, animer et structurer les supports web de l’entreprise. A mes débuts d’entrepreneur, je pensais pouvoir répéter ce schéma de manière indépendante auprès des PME et des sportifs. Après 2 ans de développement, je mesure le chemin qui séparait mes rêves de la réalité.

L’équilibre instable entre ses propres convictions d’entrepreneur et la réalité du marché est compliqué à contrôler. Ne pas plier pour avancer, plier pour avancer… Dans cette bataille, j’ai perdu plus de combats que remporter de victoires. De même, réussir à représenter l’homme idoine pour prendre en charge un chantier client, être présent au bon endroit, dans le bon tempo, tout ça requiert travail… et réussite. Je comprends également aujourd’hui l’ingratitude du travail commercial. Le fait d’entreprendre seul, de mélanger vie personnelle, professionnelle, administrative est d’une difficulté sans nom. Il faut apprendre à séquencer tous les différents de sa vie, sans laisser trop déborder.

Mais le plus dur finalement a été de gérer humainement ma solitude. Engagé seul dans mon combat, j’ai parfois fais peur à ma compagne, à ma famille, mes amis… Devenir entrepreneur n’est pas dû à tout le monde, je l’avais bien entendu, j’acceptais de le croire (un peu). J’ai attaqué mes premiers dossiers avec enthousiasme et optimisme. Puis vint le temps des échecs et des doutes. Dur. Très dur. D’autant que les échecs sont plus nombreux que les victoires lorsqu’on vend ses services. Pas armé pour appréhender ce constat, je me suis enfermé petit à petit. Enfermé dans mon travail, mes documents, mes rêves, mes espérances. Je me suis forgé une carapace, une armure même pour tenter de remporter des batailles. Sauf que j’ai parfois choisi les mauvais ennemis. Plutôt que de mettre ma volonté dans le combat à venir (un prospect, un projet), je me suis mis involontairement à nourrir de la haine pour tous mes échecs antérieurs, que je tenais pour responsable de ma situation d’échec au présent… Aïe. Dès lors, j’ai laissé mes amis s’éloigner, j’ai ressorti la hache de guerre avec mon pauvre papa… J’ai regardé les réseaux sociaux. J’ai attendu de leurs parts l’amour et l’attention que je n’obtenais pas dans mon travail. Grosse erreur. Solitude extrême 2.0.

Etant donné l’importance de la confiance et de l’image que l’on renvoie dans l’entreprenariat, j’ai longtemps caché, y compris à moi-même, mes doutes, mes peurs, ma réalité. Après avoir nourri trop longtemps des sentiments négatifs et ayant la chance d’être très bien entouré, j’ai depuis remonté la pente vers une vie plus… sociale. Qu’est qui m’a aidé pour revenir à la surface?

Je me suis ré-ouvert, j’ai partagé mes doutes, laissé mon orgueil de côté pour entendre à nouveau. J’ai écouté mes mentors (des amis chefs d’entreprise, mieux placé que quiconque pour aider), j’ai lâché mon armure. J’ai repris le sport, pour permettre à mon corps d’évacuer toute cette pression accumulée en 3 ans. J’ai accepté, difficilement, que l’échec faisait partie de la vie et qu’il était même plutôt agréable car synonyme de travail et de courage! J’ai lâché mon passé pour me tourner vers les prochaines heures. Bien sûr, il se rappelle régulièrement à moi, mais j’ai appris à le dompter, tout du moins à le maîtriser. Apprendre à se connaître pour mieux éviter les pièges et continuer à avancer.

Trouver un mentor, partager ses émotions, ses craintes, travailler, répéter, se heurter mais toujours avancer restent les choses les plus utiles à effectuer pour continuer à entreprendre, tout en sachant sans doute que jamais la sécurité ne vous entourera à 100%. Mais dans le fait d’entreprendre, il y a sans doute un peu de ça aussi: lâcher ses peurs, grandir, prendre des risques. Bref, une vraie psychanalyse active.

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